A une faible distance de Bāb al-Ḥadīd, vers l'angle nord-ouest de la cité, est le château (al-Qaṣr), qui forme un grand quadrilatère irrégulier, mesurant deux cent cinquante mètres de long de l'est à l'ouest, sur une largeur du nord au sud qui varie entre deux cents et deux cent cinquante mètres, la face orientale étant plus développée que celle de l'ouest. Flanqué de douze puissantes tours carrées avec mâchecoulis, il est bâti avec des pierres de taille dont beaucoup sont relevées en bossage. Antérieur, selon toute apparence, à l'occupation des Romains, au moins dans ses fondations, il a dû être ensuite relevé par eux, puis par les Byzantins. Les musulmans, de leur côté, l'ont remanié à plusieurs reprises et sur un grand nombre de points, car des inscriptions arabes y ont été partout apposées. Le fossé qui l'environne peut recevoir l'eau du Baradā, qui l'avoisine vers le nord. On entre dans son enceinte par deux portes, situées l'une à l'est et l'autre à l'ouest. Contemplé du dehors, il impose par la hauteur de ses murs et la grandeur massive de ses tours; mais quand on y pénètre, on est frappé aussitôt de l'état de délabrement ou plutôt de ruine presque complète dont il offre le triste aspect; de tous côtés des décombres affligent les regards. Ce qu'on appelle l'arsenal consiste en un amas confus de vieilles ferrailles parmi lesquelles on remarque quelques arquebuses toutes détraquées, des flèches, des boules de fer, des épées rouillées. Plusieurs magasins souterrains sont vides et depuis longtemps abandonnés.
Victor Guérin. La Terre Sainte, première partie. Paris, E. Plon 1884.
Victor Guérin. La Terre Sainte, deuxième partie. Paris, E. Plon 1884.

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