Sous le buste du Soleil est un deuxième buste de moins grande échelle ayant 6 cm. 5 de longueur et se détachant en un relief qui atteint jusqu'à 1 cm. 7. Il représente une Victoire couronnant un combattant romain figuré entièrement au-dessous, sur une longueur de 12 cm. 5 en un relief de 2 cm. 5. Ce combattant s'appuie du bras droit sur une longue lance, et pose la main gauche sur son épée enfermée dans une gaine maintenue à l'horizontale. Sa cuirasse se compose de deux pièces à épaulières et un chlamyde autour du cou. C'était la cuirasse réservée chez les Romains aux officiers qui exerçaient un haut commandement, aux tribuni, aux legati, surtout à l'imperator. Ainsi nous pouvons conclure que le Romain recevant la couronne de la Victoire devait être un officier de rang très important, et qu'il s'agit ici de glorifier l'un de ses succès militaires.
Le fragment où le guerrier est figuré s'est détaché de l'ensemble du timbre. De même, le fragment qui représente la tête s'est séparé de la partie qui figure le corps. Il nous faudra intégrer les deux pièces à l'ensemble lors de la restauration du casque.
Il est à rappeler que le thème du couronnement d'un vainqueur par la Victoire n'est pas nouveau. Il a été fréquemment représenté dans l'art gréco-romain. Bien avant et pendant l'époque hellénistique, il a eu de nombreuses applications notamment dans la numismatique. Mais ce qui est nouveau dans notre casque c'est que le couronnement de l'officier vainqueur a lieu sous la protection du Soleil. Certainement la Victoire doit être considérée comme une émanation de la puissance de ce dieu. L'artiste a complété cette idée, et l'a rendue plus claire, en ajoutant au groupe précédent et de chaque côté un aigle superbe de 7 cm. 5 de hauteur avec un relief de 1 cm. 5. Il est inutile de faire remarquer que l'aigle était considéré comme l'oiseau favori et le symbole du dieu solaire.
L'allusion faite au couronnement du vainqueur, qui devait être selon toutes probabilités le porteur du casque, sous la protection du Soleil doit nous indiquer que l'artiste et son client adoraient cette divinité qui était une divinité syrienne, et que nous devons les considérer tous les deux comme des Orientaux de Syrie.
Sélim Abdul-Hak. La nécropole romaine située à proximité de Nawa. Les Annales archéologiques de Syrie T. IV-V 1954-55 (pp. 163-188).