Au mois d'août 1936, des fouilleurs clandestins commencèrent leurs recherches nocturnes à Tell abū Ṣābūn. Leurs travaux seraient restés secrets, s'ils n'eussent rencontré des tombes où le défunt avait été enseveli dans un vêtement cousu de petites bractées d'or. Ces paillettes, mêlées dans la terre que les pillards rejetèrent à l'orifice du tombeau, attirèrent dès le lendemain l'attention des enfants, puis du bazar, puis de la police. Les trouvailles furent saisies, et grâce à l'intervention immédiate de l'émir Ǧaʿfar ʿAbd al-Qādir, entrèrent au musée de Damas.
Une fouille complémentaire fut entreprise sans retard, et dirigée successivement par l'émir Ǧaʿfar, par M. Daniel Schlumberger, et par M. Henri Seyrig . L'émir eut encore la main heureuse en fouillant un riche tombeau, ses successeurs ne glanèrent que des restes. Mais du moins cette exploration méthodique, jointe à l'enquête précise à laquelle l'émir Ǧaʿfar soumit les fouilleurs, permit-elle de reconstituer avec quelque probabilité l'ordre des trouvailles et leur répartition dans les divers tombeaux, ainsi que de faire certaines observations, indispensables à une étude raisonnée.
Pendant quelque temps, on put douter si le musée de Damas avait recueilli tout le butin, et ce doute imposa un premier délai à la publication. Une ou deux fois, des objets furent offerts sur le marché comme provenant des tombeaux d'Émèse, mais il fallut reconnaître, ou bien qu'ils étaient faux, ou bien que cette origine célèbre leur était attribuée pour mieux les vendre. Aujourd'hui les langues sont déliées et il paraît certain que le musée de Damas possède la totalité des découvertes.
Henri Seyrig. Antiquités syriennes. Syria. Archéologie, Art et histoire. Année 1952 (29-3-4) pp. 204-250.
Illustration: dessin de Léon de Laborde lithographié et publié en 1837 (Voyage de la Syrie, pl V, p-10-11).


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