Neuf portes donnaient accès dans la cité, qui, partout où elle n'était pas protégée par l'Abana, le Baradā de nos jours, était défendue, en outre, par un large fossé, à présent aux trois quarts comblé, et par un avant-mur, presque complètement détruit. L'une des plus remarquables de ces portes était probablement celle que l'on désigne actuellement sous le nom d'al-Bāb aš-Šarqī (porte Orientale), parce qu'elle forme vers l'est l'entrée de la ville. Véritable porte triomphale et d'un caractère monumental, elle consiste en une grande arcade centrale et deux arcades latérales de moindres dimensions; la première a neuf mètres de large sur onze mètres cinquante centimètres de haut; les deux autres sont moitié plus petites. L'arcade centrale a été murée, il y a plusieurs siècles, par les musulmans, ainsi que l'arcade méridionale; l'arcade septentrionale seule est restée ouverte. Elle est défendue par une tour arabe dont les créneaux menacent ruine et que surmonte un petit minaret. De cette porte part une longue rue, aujourd'hui étroite, mais jadis large et ornée de deux rangées de colonnes corinthiennes, ce qui constituait trois magnifiques avenues répondant à chacune des trois baies. La longueur de cette double colonnade jusqu'à la porte opposée vers l'ouest, où elle aboutissait, et qui aujourd'hui s'appelle Bāb al-Ǧābīā, mesurait au moins mille cinq cent trente mètres sur une largeur de trente. Toutes ces colonnes ont depuis longtemps disparu, ayant été détruites, emportées ou ensevelies sous des décombres. En creusant sur l'alignement qu'elles occupaient pour jeter les fondations de maisons, il n'est pas rare d'en retrouver encore çà et là des débris épars et même des bases encore en place.
Victor Guérin. La Terre Sainte, première partie. Paris, E. Plon 1884.
Victor Guérin. La Terre Sainte, deuxième partie. Paris, E. Plon 1884.

No comments:
Post a Comment