Friday, September 21, 2018

Bassīmā


Soixante-quinze kilomètres environ séparent Damas de Baalbek. Au sortir de la première de ces villes, on suit d'abord jusqu'à Dummar, dans la direction du nord-ouest, la belle route carrossable qui mène à Beyrouth. On l'abandonne ensuite, pour gravir vers le nord, puis vers le nord- ouest, plusieurs collines calcaires d'une blancheur éblouissante, dont le regard soutient à peine l'éclat, tandis qu'à gauche serpente, dans une vallée étroite et profonde, le Nahr Baradā aux eaux rapides et murmurantes. Les yeux ne se détachent qu'à regret de cette charmante rivière, que bordent de longues avenues de saules et de peupliers, et ça et là des villages environnés de jardins.
 
Aux collines que je viens de mentionner succède un plateau caillouteux et sablonneux en même temps, appelé Sahara; il est dépourvu de toute végétation. Après l'avoir traversé vers le nord, on descend vers l'ouest des pentes cultivées en vignes et en figuiers, et, au bout de trois heures quarante-cinq minutes de marche, à partir de Damas, on parvient à Bassīmā. C'est un petit village musulman situé au fond d'une vallée qu'environnent et surplombent des hauteurs rocheuses trés escarpées et où, grâce aux eaux du Baradā qui fait un coude de ce côté, prospèrent d'admirables vergers, plantés de noyers, de grenadiers, de figuiers, d'abricotiers et de vignes, qu'entremêlent des saules et des peupliers; et aussi quelques, carrés cultivés en blé.


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