Sunday, September 23, 2018

Sūq Wādī Baradā, l'ancienne Abila

Nous sommes, en effet, sur l'emplacement de l'ancienne Abila ad Libanum, ou Abila de Lysanias, dont le village actuel de Sūq Wādī Baradā n'occupe qu'une faible partie. Elle s'étendait sur les deux rives de la rivière ; le village moderne, au contraire, s'est uniquement concentré sur la rive droite. Les maisons des habitants renferment presque toutes des matériaux antiques de toute nature, enlevés soit à des monuments, soit même à des tombeaux, et encastrés confusément dans des constructions grossières. La mosquée a remplacé une église chrétienne, qui elle-même, sans aucun doute, avait succédé à un temple païen. Il subsiste de ce dernier édifice de nombreuses pierres de taille, des fragments de colonnes et un chapiteau ionique. Dans les jardins, on heurte à chaque pas des décombres, et les paysans qui les cultivent en exhument souvent des débris plus ou moins remarquables. Deux aqueducs creusés dans le roc le long des deux rives du Baradā, et encore en partie conservés, mais depuis longtemps hors d'usage, alimentaient les fontaines publiques de la ville. Ils avaient été pratiqués d'une manière fort intelligente, et étaient éclairés de distance en distance par des regards. L'eau, prise dans la rivière au-delà et en amont de la cité antique, était ainsi plus pure que celle qu'on aurait pu y recueillir au milieu de son enceinte, et en outre, provenant de plus haut, elle pouvait être distribuée aux quartiers les plus élevés.

La vallée où Abila était assise est dominée de plusieurs côtés, et principalement à l'ouest, par des montagnes abruptes dont les flancs, sur la rive gauche du Baradā, sont percés à différentes hauteurs par l'un des aqueducs que j'ai signalés, par une grande route taillée dans le roc et par de nombreuses grottes sépulcrales.


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