Wednesday, September 26, 2018

Chute du haut Baradā, près d'az-Zabadānī

 

En quittant l'emplacement de l'antique Abila, on traverse sur un pont moderne d'une seule arche Nahr Baradā, pour le remonter vers l'ouest sur sa rive gauche. La gorge où l'on chemine est extrêmement étroite, et se resserre de plus en plus entre des hauteurs rocheuses d'aspect sévère dont les flancs inférieurs ont été jadis exploités comme carrière. Baradā écume dans son cours torrentueux, et forme ça et là plusieurs petites cascades. Au bout de vingt-cinq minutes de marche, après une montée assez raide par un sentier pratiqué dans le roc, nous arrivons auprès d'une magnifique cascade, beaucoup plus remarquable que les précédentes. La rivière tout entière tombe avec fracas par plusieurs bonds successifs du haut de plusieurs étages de gigantesques rochers, et vers le bas de sa chute fait tourner un moulin.

Notre direction est alors celle de l'ouest-nord-ouest, puis celle du nord; la gorge s'élargit en une belle vallée, bordée à l'est par la chaîne de l'Anti-Liban, et à l'ouest par le Ǧabal az-Zabadānī. Baradā, d'impétueux qu'il était, devient plus tranquille et sillonne paisiblement la plaine qu'il fertilise. Celle-ci est cultivée en blé. La rivière fait ensuite un coude brusque vers l'ouest, et aboutit de ce côté a un petit lac qui renferme la plus haute de ses sources, à une altitude de mille soixante-six mètres au-dessus de la Méditerranée. Ce bassin mesure environ trois cents pas de long, sur une centaine de large; situé au pied d'une montagne escarpée, il est couvert de roseaux et de nénuphars qui au printemps le tapissent de leurs fleurs.


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