Monday, August 28, 2023

Chute de Ṣalẖad



 4 juin 1926. 


Vers 6 heures, tout est prêt; et la marche sur Ṣalẖad commence; la piste est bonne et assez large pour que l'on puisse faire marcher deux voitures de front, ce qui diminue sensiblement la profondeur de la colonne et permet aux flancs-gardes une meilleure protection. Le temps est superbe, la matinée fraîche, et, aux bords du chemin, de vastes champs d'orge et de blé, avec leurs épis mélangés de fleurs, jettent une note riante dans cette région si nue et si caillouteuse.    

A 9 h. 25, l'attaque est déclenchée sur tout le front. 

Presque tout de suite, le groupement chargé du débordement à l'ouest se heurte à des tranchées fortement tenues et s'arrête, bien que la totalité de l'artillerie 75 appuie sa progression. Sa compagnie de gauche est débordée par un groupe d'insurgés qui, à la faveur du terrain profondément raviné, s'est glissé entre la troupe d'assaut et la flanc-garde des crêtes; mais l'escadron de spahis du groupement de manœuvre, disposé en échelon en arrière et à gauche, arrête les rebelles avec ses mitrailleuses et les cloue au sol.      

Devant cette situation, le commandant du bataillon, officier énergique entre tous, n'hésite pas; il sait que les Druzes ne résistent guère devant la baïonnette, aussi fait-il sonner la charge et son unité s'élance bravement à l'assaut des tranchées ennemies que l'adversaire abandonne pour se replier en toute hâte sur la citadelle.  

Au centre, les défenseurs des jardins et ceux de la ville, voyant nos unités s'élever sur leur droite et sur leur gauche, quittent leurs retranchements et refluent vers la montagne. Alors, sur toute la ligne de combat, les clairons sonnent la charge et, dans un magnifique élan, les trois bataillons d'assaut, baïonnette au canon, convergent vers la citadelle au pas de course. 

Arrivés les premiers au pied de la forteresse, les partisans refoulent les derniers défenseurs et hissent le drapeau tricolore au sommet de l'édifice, tandis que trompette et clairons annoncent la chute de Ṣalẖad.

Il est exactement midi.

Ṣalẖad, fief des ʾAṭraš, où la rébellion a pris naissance, où l'on a prêché la guerre contre la France et organisé le massacre de Kafr, est aujourd'hui conquise, comme l'a été Soueida il y a quarante jours.   

Quatre journée de marche et trois combats ont eu raison de la capitale du sud. 

Grande victoire, dont le retentissement sera profond en Syrie et à l'étranger. 

Les troupes du Jabal-ad-Durūz viennent d'écrire dans les annales coloniales de la France une de ses belles pages de gloire.







Photo: Ṣalẖad depuis le château, fin des années 1930.








Édouard Andréa. La Révolte druze et l'insurrection de Damas, 1925-1926. Payot, Paris 106 Boulevard St. Germain, 1937.

La Citadelle et le Fort Gouraud


 Dimanche 18 octobre 1925.


Le quartier où je me rends (1) est, à vol d'oiseau, très proche du Mīdān, dont on voit distinctement les mosquées de ses terrasses, ainsi que les maisons de Šāġūr; on y a une vue particulièrement belle sur la Grande Mosquée et la ceinture des jardins qui entourent la ville. Vers quatre heures de l'après-midi, éclate une fusillade d'abord lointaine, aux confins du Mīdān. Elle redouble et, petit à petit, se rapproche, comme si elle envahissait graduellement le Mīdān Fōqāni.  

Bientôt, comme une étoffe qui brusquement se déchire, éclate le tac-tac pressé des mitrailleuses, puis la voix de basse bien connue des canons. Les gens du quartier sont comme nous aux terrasses, cherchant à deviner la raison de ce vacarme. Les drapeaux nationaux sont hâtivement hissés sur la faite des maisons où habitent des étrangers: italiens, anglais, américains pour la plupart. Le tac-tac continue, pressé, à l'entrée du Mīdān et vers Bāb al-Jābia. 

Le calme du soir est interrompu par le bruit des canons venant de la citadelle ainsi que du fort Gouraud. Nous essayons de situer et d'expliquer le combat; il semble se livrer au Sud-Est de la ville, de la grande Minoterie à la gare de Barāmka: ce serait alors au quartier Šāġūr, dont nous apercevons d'ici les plus hautes terrasses. Le canon tonne à intervalles rapprochés, Les obus se succèdent et, chaque fois qu'on entend le coup sourd de l'éclatement, une colonne de fumée jaunâtre jaillit et monte, menaçante. déjà deux, trois, quatre s'élèvent dans le crépuscule qui commence.          

                








(1) Bāb Tūma






Photo: Luigi Stironi 

Texte: Alice Poulleau. À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne 1924 - 1926. Ed. Bretteville Frères, (Paris 1926).  

Sunday, August 27, 2023

غاستون ديكارپنتري


 أبدأ بتعريب النصّ المختصر عن جنازة الكاپتن Gaston Descarpentries كما ورد في الصفحة ٦٢ من كتاب Poulleau (أدناه): 


الخامس عشر من أيلول سپتمبر عام ١٩٢٥

"شَهِدْنا اليوم المراسم الجميلة والحزينة لجنازة الكاپتن Descarpentries الشهير، قائد الهجّانة الذي قَتَلَهُ البدو. تعّرَضَ طريق بغداد إلى سلسلةٍ من الهجمات خلال الشهر الفائت وبالتالي تحوّل السيّاحُ عَنْهُ إلى طريق عمّان وفي هذا خسارةٌ للبلد ونيلٌ من مهابَتِنا. أينَ صفوف السيّارات على باب فندق ڤيكتوريا التي اعتدنا عليها في السنة الماضية؟ طرقات سوريّا اليوم خاويةٌ من المسافرين." 


أنتقل الآن إلى الورقة التذكاريّة لضابطين في الجيش الفرنسي التي تلطّفت حفيدة أخيهما أو أختهما (الخطّ الأبيض المتقاطع مع الصورتين) بالسماح بنشرها. 


من الأعلى إلى الأسفل

كتابةٌ لاتينيّة "فلتكن مشيئتك يا ربّ". 

الصليب

إلى الذكرى البطوليّة الغالية: 

على اليسار: Adhémar Descarpentries ملازم أوّل من كتيبة المشاة السابعة عشرة، فارس في جوقة الشرف، صليب الحرب مع سَعْفَة. مواليد Saméon في الثاني من آب أغسطس عام ١٨٩٠. قضى في ساحة الشرف في Donon (الألزاس Alsace) في التاسع عشر من آب عام ١٩١٤ مضحّياً بحياته في سبيل فرنسا. 

على اليمين: Gaston Descarpentries كاپتن وقائد كتيبة هجّانة تدمر. فارس في جوقة الشرف، صليب الحرب الفرنسي مع سَعْفَتين وخمسة نجوم، صليب الحرب لمسرح العمليّات الخارجيّة مع خمس سَعْفات ونجمة. مواليد Saméon في الحادي عشر من نيسان أبريل عام ١٨٩٤. قضى نحبه في سبيل فرنسا على طريق دمشق بغداد في سوريّا في الحادي عشر من أيلول سپتمبر عام ١٩٢٥. 


لا شيء يواسينا عن فَقْدِكُما أيّها الطفلين العزيزين اللهمّ إلّا أمل أن نلتقي بكما يوماً ما في الوطن السماوي الذي سَبَقْتُمانا إليه. 


ذُيّلت النعوة باسم المطبعة. 





Alice Poulleau. À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne 1924 - 1926. Ed. Bretteville Frères, (Paris 1926).  

Capitaine Descarpentries - Armée du Levant. 

Gaston Descarpentries



Gaston Descarpentries

 


 15 Septembre 1925 


Aujourd'hui, la triste et belle cérémonie des funérailles du célèbre capitaine Descarpentries, chef des méharistes assassiné par les Bédouins. Depuis un mois, une suite d'attaques ont lieu sur la route de Baġdād. Les touristes ne viennent plus, ou passent par ʿAmmān. C'est une perte pour le pays et notre prestige a décru. On ne voit plus de files d'autos à la porte de Victoria comme l'an dernier et les routes mêmes de Syrie sont désertes de voyageurs. 






Alice Poulleau. À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne 1924 - 1926. Ed. Bretteville Frères, (Paris 1926).  

Capitaine Descarpentries - Armée du Levant. 

تلّ حبس وتلّ عبد مار


اختزلت في الأسطر التالية عمليّة الاستيلاء على المرتفعات المؤدّية إلى صلخد كما وصفها المؤّلف الفرنسي مقتصراً على وصف الخطّة ومنها مباشرةً إلى النتيجة. 

تمّ تعيين مفرزتين للاستيلاء على تلّ حبس وتلّ عبد مار (جزيل الشكر لأستاذ وضّاح الحجلي) أثناء الليل. تتألّف المفرزة من كتيبةٍ وشعبةٍ من المدفعيّة الجبليّة. تلخّصت مهمّة الكتيبتين بالتمركز على المرتفعات فور احتلالهما لها بانتظار زحف رتلنا من المشقوق عبر الممرّ الضيّق بين التلّين وعندها تتحرّكان من مواقعهما الثابتة وتنضمّان إلى الرتل باتّجاه صلخد ليتحوّل دورهما إلى جناحين متحرّكين يغطّيان العناصر التي تتقدّم في الدهليز. لهذه العمليّة أهميّة قصوى وعليها يتوقّف نجاح المناورة الهادفة إلى أخذ المدينة. 


كان سرورنا عظيماً عندما لمحْنا جنودَنا من قوّات المناوشة على ذرى تلّ حبس وتلّ عبد مار فجر الرابع من حزيران يونيو عام ١٩٢٦ في المكان الذي قبع عليه محاربوّ الدروز المتمرّدين بالأمس. عنى احتلال هذه المرتفعات مع مطلع النهار أنّ رتلنا الرئيس لم بعد بحاجة إلى مهاجمتها وبالتالي تأجيل فتح صلخد إلى يوم آخر. 


بداية اليوم إذاً مدعاةٌ للتفاؤل. 



يتبع











Édouard Andréa. La Révolte druze et l'insurrection de Damas, 1925-1926. Payot, Paris 106 Boulevard St. Germain, 1937. 

Tell Ḥabs et Tell ʿAbd Mār

 


 Deux détachements, comprenant chacun un bataillon et une section d'artillerie de montagne, sont désignés pour prendre possession, pendants la nuit, des Tells Ḥabs تلّ حبس et ʿAbd Mār تلّ عبد مار. Une fois installés sur ces hauteurs, les groupements y stationneront demain, jusqu'à ce que la colonne parte d'al-Mašqūq المشقوق et entre dans le défilé. Quittant alors leur mission momentanée de flanc-garde fixe, ils progressent par les hauteurs en direction de Ṣalẖad صلخد, servant ainsi de flanc-garde mobile aux éléments cheminant dans le couloir; mission capitale d'où dépend le succès de la manœuvre projetée pour l'enlèvement de la ville.   


grande est notre satisfaction lorsqu'à l'aube du 4 juin 1926, on aperçoit nos tirailleurs sur les Tells Ḥabs et ʿAbd Mār, au lieu des druzes qu'on y voyait hier; c'est qu'en effet la possession de ces hauteurs nous est infiniment précieuse au début de cette journée. Si les flancs-gardes n'avaient pu arriver jusqu'en haut, il aurait fallu monter une attaque pour prendre les sommets et remettre à un autre jour la conquête de Ṣalẖad. Mais, heureusement , les nôtres y sont et la journée commence bien. 



A suivre 












Édouard Andréa. La Révolte druze et l'insurrection de Damas, 1925-1926. Payot, Paris 106 Boulevard St. Germain, 1937.

Saturday, August 26, 2023

لويجي ستيروني



ما استطعتُ جمْعَهُ من المعلومات عن الإيطالي Luigi Stironi ليس يالشيء الكثير ويمكن تلخيصُهُ بأنّه أقام في دمشق بين الأعوام ١٩٢١ - ١٩٣٣ ترك لنا بنتيجتها مجموعةً من الصور التاريخيّة التي لا تقدّر بثمن منها ٢٤ للمدينة أثناء وبعد القصف الفرنسي في خريف ١٩٢٥ باعها لاحقاً عام ١٩٢٦ لأحد الديپلوماسييّن الأمريكييّن وبالفعل تمّ العثور عليها لاحقاً ضمن أوراق المدعو Sheldon Leavitt Crosby الذي شغل منصب قائم أعمال سفارة الولايات المتّحدة في تركيّا ١٩٢٤ - ١٩٣٠.


هناك ذكر مختصر للسيّد ستيروني في كتاب الأديبة الفرنسيّة Alice Poulleau (صفحة ١٧٦) تعريبه الآتي:


"العاشر من شباط فبراير ١٩٢٦ 


قرأت في جريدة La Syrie الرسميّة التي نجحت نجاحاً كبيراً في زيادة عداء الأهالي للفرنسييّن والتي تواصل مهمّة النفاق الموكلة إليها بطريقةٍ لا تتميّز بالذكاء، أنَ الدمشقييّن غطوّا المندوب السامي de Jouvenel بالأزهار. عَرَضت هذه الجريدة لقطات Stironi "مصوّر البَلاط"ونستطيع في معظم هذه الصور مشاهدة الموكب مارّاً وسط الشوارع التي خَلَت أو كادت."




الصورة أعلاه لا تحتاج إلى تعليق بانتظار المزيد في الأيّام القليلة المقبلة. 







   


Alice Poulleau. À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne 1924 - 1926. Ed. Bretteville Frères, (Paris 1926).