On ne peut nier les progrès matériels que ces Allemands ont amenés avec eux dans le pays. C'est ainsi qu'ils ont pratiqué une route carrossable entre Ḥayfā et Nazareth, et jeté un pont sur le Nahr el-al-Muqaṭṭaʿ. D'un autre côté, l'influence prussienne et protestante s'étend par eux dans cette partie de la Palestine, aussi serait-il fort à désirer que des colonies latines et catholiques vinssent propager une influence, à la fois religieuse et politique, opposée. La Palestine, en effet, ne pourra jamais se relever de rabaissement profond dans lequel elle est plongée au moyen du seul élément indigène. Très peu peuplée et très mal administrée, elle aurait besoin d'un élément étranger considérable réparti sur différents points de son territoire, pour tirer de son sol, qui peut se prêter aux cultures les plus variées, les richesses dont il est toujours susceptible.
Cette contrée, jadis si fertile, et qui l'est encore partout où elle est tant soit peu cultivée, changerait, avec le temps, en un aspect riant et plein de vie l'air triste et désolé qu'elle présente, hélas ! trop souvent aujourd'hui, si des colonies chrétiennes bien dirigées venaient s'y établir dans les endroits les plus salubres et savaient y faire refleurir, avec son antique fécondité, sa beauté première. Comme la France, à l'époque des Croisades, y a fondé un puissant État, et que depuis la chute de ce royaume elle n'a jamais cessé, à aucune époque de son histoire, d'y patronner les intérêts des populations catholiques qui l'habitent encore; comme, depuis une trentaine d'années, notamment, elle y a créé et y entretient de nombreux établissements de charité ou d'éducation, qui y répandent de tous côtés les bienfaits et l'amour de notre nation, c'est à elle, plus qu'à aucun autre État catholique, que semble dévolue la mission d'introduire, elle aussi, en Palestine et d'y asseoir sur des bases solides des colonies latines qui s'y trouveraient beaucoup moins dépaysées que partout ailleurs. La Palestine, en effet, est pleine du souvenir de nos aïeux. On n'y peut faire un pas sans y rencontrer les vestiges des églises, des couvents et des forteresses de nos pères. Que dis-je ? la Palestine est parsemée encore de nos hôpitaux, de nos dispensaires et de nos écoles, et nos colons, en y débarquant, y seraient accueillis comme des frères.
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