Tuesday, September 1, 2026

Madrasā alʿIzzīyā al-Barrānīyyā: la turbā

 

La salle funéraire n'était pas isolée à l'intérieur de l'enclos. L'absence d'une corniche de couronnement sur ses faces Nord et Est en apporte une première preuve, en établissant que ces deux faces de la salle funéraire s'appuyaient à des corps de bâtiment d'une certaine élévation. D'autre part, le terrain waqf sur lequel se dressent les ruines possède encore aujourd'hui un « droit d'eau » important, particularité qui demeure inexplicable si l'on n'admet pas qu'il y avait là autrefois un bassin à ablutions, et aussi, par un corollaire inéluctable, une cour et une salle de prière, à placer, selon la règle, l'une au centre de l'édifice, entourant le bassin, l'autre sur la face Sud de la cour, contre le mur d'enceinte. Sur les trois autres faces de la cour se développait vraisemblablement un portique couvert. Sans doute son existence n'est-elle assurée que pour la seule face Ouest (où quelques claveaux, demeurés en place dans la façade Nord de la salle funéraire, imposent la restitution d'arcades portant le plafond d'un riwāq) mais il paraît difficile d'admettre que cette ordonnance n'ait pas été reproduite sur les deux autres faces de la cour. — Il semble donc que le monument ait primitivement offert l'aspect d'une petite mosquée, dans un angle de laquelle s'enlevait la coupole de la salle funéraire.


Jean Sauvaget. Les monuments Ayyoubides de Damas.

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