Monday, October 12, 2026

Ǧāmiʿ al-ʾAqṣāb: Miḥrāb

 

Dans le quartier de Bāb as-Salām, à quelque deux cents mètres au nord du Baradā, s'élève une mosquée actuellement connue sous le nom d'az-Zaynabīyyā, mais dont l'emplacement, depuis au moins le douzième siècle, était occupé par la mosquée al- ʾAqṣāb, c'est-à-dire la mosquée des Roseaux. Située sur le site d'une ancienne église byzantine, elle abritait, disait-on, les têtes de plusieurs compagnons du prophète partisans des ʿAlīdes et exécutés sur ordre du calife Muʿāwīyā. Rénovée à plusieurs reprises au cours de son histoire, elle fut finalement détruite par Muḥammad bin Manǧak qui construisit à sa place en 1408 la mosquée que l'on voit encore aujourd'hui.             

L'édifice est constitué d'une cour à bassin central entourée de portiques, communiquant par cinq portes avec une salle de prière rectangulaire dont les deux vaisseaux séparés par une arcature centrale à quatre piliers sont couverts d'un toit à charpente visible de l'intérieur. L'ancien dallage polychrome de la cour fut remplacé dans la première moitié du vingtième siècle. La salle de prière par contre a conservé son miḥrāb à double voussure ménagé au centre d'un grand panneau de marqueterie de pierres colorées rehaussée d'incrustations de faïence bleu turquoise scellés dans le mur de la qiblā. Les motifs de cette ornementation exubéreante sont typiquement Mamlūks. Des ajouts récents ont défiguré l'édifice: un immense lustre de style européen dissimule le miḥrāb derrière sa verroterie tandis que des systèmes d'air conditionné ont été placés juste au devant des disques de faïence.       
 


Gérard Degeorge. Damas des origines aux Mamluks. L'Harmattan, 1997 (p. 344-345). 
Gérard Degeorge. Syrie. Hermann éditeurs des sciences et des arts. Paris 1983 (p. 193-194).

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