Les monuments dont le décor ressemble le plus à celui du casque se trouvent n'être pas exactement datés, si bien que nous ne pouvons en déduire la date où il a été fabriqué. Quant à l'origine du casque, les circonstances de la trouvaille ne donnent naturellement sur elle aucune information. A priori, il paraît plausible de croire qu'un casque trouvé à Émèse soit de provenance antiochénienne; mais à elle seule, cette présomption n'a pas grand poids. Un objet d'un aussi grand luxe a très bien pu être commandé au loin, à Alexandrie, à Pergame; il peut même être un présent impérial, envoyé de Rome. Mais cette fois, le décor du casque se prête à quelques comparaisons qui, tout au moins, pourront orienter nos conjectures.
L'hypothèse d'une tradition syrienne semblait la plus probable. Nous serons donc portés à attribuer le casque à un atelier syrien, en ce cas très probablement à un atelier d'Antioche, ce qui va bien pour le casque d'un prince d'Émèse, et pour son portrait. Antioche, depuis quelque trois cents ans la capitale des rois grecs de Syrie, puis celle des gouverneurs qui y succédèrent à Pompée, possédait certainement une tradition artisanale du plus haut goût. Nous croirions volontiers que le casque d'Émèse, pour la première fois, met sous nos yeux une œuvre originale de cette école.
Henri Seyrig. Antiquités syriennes. Syria. Archéologie, Art et histoire. Année 1952 (29-3-4) pp. 204-250.

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