"Madrasā aš-Šiblīyyā"
Il y a ici une erreur certaine d'attribution. La coupole anonyme décrite sous ce nom par M. Herzfeld s'élève en bordure d'un chemin, sur son côté est; de l'autre côté du chemin (côté ouest) se dresse un monument en fort mauvais état, dont les façades extérieures n'ont rien d'engageant, mais qui renferme, en place au milieu de la salle funéraire, un tombeau ancien portant l'épitaphe de « Kāfūr bin ʿAbd Allah, affranchi de Ḥusām ad-Dīn » (al-ḥurr al-ḥusāmī). C'est donc le monument de l'ouest qui est aš-Šiblīyyā: la coupole qui lui fait face à l'est ne peut être que la Badrīyyā (Monuments historiques de Damas n. 89), conformément au texte invoqué par M. Herzfeld lui-même (p. 53 en bas), et on s'explique ainsi qu'elle soit connue de nos jours sous le nom de turbat al-Badrī, souvenir de la dénomination ancienne. Il est vrai que des textes mentionnent la transformation d'al-Badrīyyā en mosquée en 640 H. (1242-1243 ÈC), puis sa ruine: « Son toit s'est écroulé, les traces de ses murs ont disparu, on en a pris les matériaux et elle est devenue une ruine parmi les ruines », mais on ne peut conclure, avec M. Herzfeld, que ces faits sont incompatibles avec l'identification proposée. En effet, la coupole où nous reconnaissons al-Badrīyyā n'était pas isolée: des amorces de mur établissent que des bâtiments annexes s'appuyaient contre elle: ce sont ces bâtiments — plus précisément: le masǧid habituel, transformé en ǧāmiʿ en 640 — qui sont signalés par les textes comme étant tombés en ruines, car les tombes étant régulièrement surmontées d'une coupole, la mention du toit ne peut être qu'une allusion à une salle de prière.
Jean Sauvaget. Notes sur quelques monuments musulmans de Syrie, à propos d'une étude récente (suite). Syria. Archéologie, Art et histoire. Année 1946 (25-3-4) pp. 259-267.
Cliché: Michel Écochard (1935).

No comments:
Post a Comment