Saturday, August 22, 2026

Lucien Vibert et les frères Danger

 

Dès sa nomination à la tête du Service technique de la municipalité de Damas en 1922, l'ingénieur Lucien Vibert (1) élabore un règlement de voirie dans lequel il introduit, sur le modèle marocain pensé par Prost et Lyautey, la notion de séparation entre ville indigène et ville européenne. De même, lorsqu'il s'agit, en 1926, d'engager le plan d'embellissement de Damas, les Français s'inspirent à la fois de la législation marocaine, édictée depuis les débuts du Protectorat, et de la législation française. Dès lors, la Syrie appartient au champ d'expérimentation de l'urbanisme français, participe sur ce plan à la mondialisation des échanges et intègre peu à peu les idées universelles de la "modernité". Cependant avec l'arrivée des frères Danger, l'urbanisme de plan évince l'urbanisme réglementaire en renouvelant la conception urbaine et en assurant le passage d'une approche fragmentaire à une approche globale et prévisionnelle de la ville. 

1. Avant sa nomination au poste de directeur des Travaux publics à Damas (Poulleau p. 56), L. Vibert servait au Maroc. Par conséquent, il connaissait l'urbanisme marocain.


Franck Friès. Les plans d'Alep et de Damas, un banc d'essai pour l'urbanisme des frères Danger (1931-1937). Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée  Année 1994  (73-74)  pp. 311-325. 

Carte: Alice Poulleau, À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne, 1924-1926, Édition Bretteville Frères, Paris 1926 (pp. 97-98).

No comments:

Post a Comment