Nous ne voulons pas voir les Syriens tels qu'ils sont, mais tels que des rapports intéressés nous les dépeignent. Pourquoi ne seraient-ils pas comme nous sensibles à la bonté, à la justice, au respect de la dignité humaine? Ne sont-ils pas des hommes? Et si vraiment nous prétendons les civiliser, c'est une étrange façon de nous montrer supérieurs à eux que d'étaler la force brutale, de promener des mitrailleuses et de promettre des gaz asphyxiants, comme le faisait à mon passage un Pandore d'aṣ-Ṣāliḥīyyā.
Alice Poulleau, À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne, 1924-1926, Édition Bretteville Frères, Paris 1926 (pp. 78-79).

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