Le buste est celui d'un roi imberbe, déjà avancé en âge, d'une physionomie aimable et sereine, sans traits raciaux apparents, au cou fort, aux cheveux coupés, appliqués sur le crâne en mèches courtes. Le globe de l'œil est levé, et la pupille est marquée d'un petit coup de pointeau, immédiatement sous la paupière supérieure. L'encolure est drapée, sans doute, dans deux vêtements : une tunique, qui forme sur le devant un pli en V, et une chlamyde retenue sur l'épaule par une fibule ronde. Un anneau pend au lobe de l'oreille. La tête est serrée dans le diadème royal, jadis émaillé.
Bien que le roi soit représenté à la grecque, et que sa physionomie n'ait aucun trait oriental, seul un prince oriental a pu porter à l'oreille un anneau. Ainsi faisaient, d'après leurs monnaies, les rois des Parthes, de la Perside, de la Susiane, en Cilicie les grands-prêtres d'Olba. Encore dans le château omeyyade de Kasr el-heir, le caliphe porte des boucles d'oreilles, tout comme un roi sassanide. Notre bague représente donc un dynaste local, et sans doute peut-on voir en lui un roi d'Emèse, le suzerain du personnage dont nous étudions le tombeau. Nous attribuerions ce bel anneau aux années qui entourent le début de notre ère.
Photo: Nicholas Randall.
Henri Seyrig. Antiquités syriennes. Syria. Archéologie, Art et histoire. Année 1952 (29-3-4) pp. 204-250.
Highlights of the National Museum of Damascus. Media Minds LLC, [Lebanon], 2006.
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