Sunday, August 16, 2026

Téglatphalassar et le laitier de Bāb Tūma

 


Jeudi 15 octobre 1925   

Alors arriva un autre cortège qui faisait penser à ceux de Téglath Phalasar: paysans de tous âges et d'aspect misérable, coiffés de turbans et de keffiyehs, liés par la taille et le bras avec de grosses cordes, qu'escortaient des soldats, baïonnette au canon, les conduisants à la citadelle. 

Et ceux-là encore, murmurait-on sur leur passage, n'étaient pas les insurgés. La foule se mutinait, indignée.     

A Bāb Tūma, une de nos amies vit, emprisonner aussi comme "brigand", son laitier qui, depuis vingt ans fournissait le quartier et était, dit-elle avec humour, trop honnête pour mettre de l'eau dans son lait. Le conseil de guerre siège en permanence au Seraï, et pourtant il paraît qu'on fusille sans jugement à la citadelle (1).  


1. Ces faits, omis dans le rapport du Général Gamelin, sont, de l'avis de tous les gens impartiaux, une des principales causes de l'effervescence de la ville, les jours suivants, et par suite du bombardement. 


Alice Poulleau, À Damas sous les bombes. Journal d'une Française pendant la révolte syrienne, 1924-1926, Édition Bretteville Frères, Paris 1926. 

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