Le portail est de la plus grande simplicité. Une baie rectangulaire s'ouvre dans une cloison de maçonnerie qui aveugle un arc bandé dans le mur d'enceinte. Sur le linteau et dans le tympan de cet arc se distribuent quelques éléments décoratifs: l'habituelle table à queues-d'aronde, qui porte l'inscription de fondation, — un bloc de basalte, de forme hexagonale, à mortaises semi-circulaires, où se lit la profession de foi sunnite, — un verset coranique sculpté à même le parement, immédiatement au-dessus de la décharge de linteau, — enfin, surmontant les éléments que l'on vient d'énumérer, une assise profilée, ornée à chaque extrémité d'une petite rosette, et posée en saillie sur la façade. Cette assise, le seul relief vigoureux de l'ensemble, en s'enlevant sur le grand nu de la paroi, barre énergiquement d'une ombre horizontale toute la composition du portail, lui donnant un accent très personnel.
La composition du portail est absolument insolite dans l'architecture ʾAyyūbīd de Damas. A l'ordinaire, la porte d'entrée des édifices de cet ordre s'ouvre, si elle est rectangulaire, sous un défoncement de la façade couronné par un arc ou une voûte alvéolée; si elle s'ouvre directement dans le parement extérieur du mur d'enceinte, la baie reçoit la forme d'un arc. La disposition adoptée ici est donc exceptionnelle.
Jean Sauvaget. Les monuments Ayyoubides de Damas.
Photo: Terry Allen. Ayyubid Architecture, Solipsist Press, Occidental, California, 1999.
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