ʾAbu al-Baqāʾ al-Badrī, dans son énumeration des portes de Damas (p 27), écrit : « A la suite de Bāb al-Ḥadīd, du côté de l'Ouest, est la Porte Secrète (Bāb as-Sirr) que l'on appelle ainsi parce qu'elle est également spéciale à la Citadelle : les Turcs (c.-à-d les Mamlūk) l'utilisaient pour quitter secrètement la Citadelle, ou y pénétrer. Celui qui sort par cette porte franchit un pont de bois jeté sur le fossé de la Citadelle... » note en outre qu'à sa prise de fonctions le nāʾib de Damas venait faire devant cette porte une prière de deux rakʿā, « tourné vers la qiblā, de telle sorte qu'il avait cette porte a sa gauche ». C'est donc sur le front occidental de la Citadelle que l'on doit chercher l'emplacement de la Porte Secrète : il nous paraît correspondre à l'entrée actuelle de la forteresse (1).
À la différence des portes majeures à l’est et au nord, la troisième porte à l’ouest, désignée dans les textes comme « porte secrète » (bāb as-Sirr), et supposée se trouver au centre du front occidental, n’était connue que des sources écrites (2). Si elle est mentionnée au plus tard depuis l’époque ʾAyyūbid, la reconstruction de la courtine occidentale à l’époque Mamlūk, sa réparation après le tremblement de terre dévastateur de 1759, et le percement d’une porte à l’époque ottomane tardive (3) n’avaient en effet laissé aucune trace jusqu’alors identifiée d’une porte plus ancienne de ce côté du monument, donnant sur la plaine et particulièrement exposé, une position qui avait valu au front occidental un bombardement sévère et destructeur lors du siège mongol de 1260. Les fortifications rebâties à l’issue de cette catastrophe furent dotées à leur tour d’une porte à l’ouest, réservée à l’usage du sultan d’après Ibn Šaddād (p 38).
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1. Celle-ci n'a dû devenir la porte principale de la citadelle qu'aux derniers temps de la domination ottomane, lorsque le Sérail, le Sérail militaire, etc. , eurent été installés à l'Ouest de la ville, sur l'ancien Marǧ. Au dix-huitième siècle, l'entrée principale était encore la porte orientale.
2. Le terme bāb as-Sirr n’est pas réservé à cette seule porte, car Sibṭ ibn al-Ǧawzī, en se référant aux travaux du fils d’al-‘Ādil, l’utilise pour désigner une des poternes à l’est ou au sud de la citadelle.
3. Impropre à un usage défensif, tel qu’il fut encore nécessaire à l’époque des révoltes de 1787 et de 1812, et lié à des aménagements intérieurs datables du milieu du dix-neuvième siècle, ce passage est décrit dès les années 1860 comme l’entrée principale de la citadelle.
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Andreas Hartmann-Virnich. Les portes de la citadelle de Damas. Bulletin d'Études Orientales, Tome LXI 2012 (pp. 41-66).

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