Monday, August 27, 2018

Une fontaine, à Damas


De son lit principal on a, dès l'antiquité la plus reculée, dérivé, à divers niveaux, une multitude de canaux, parmi lesquels sept sont plus importants que les autres et portent les noms de YazīdTōrāal-Mazzāwī, ad-Dārānī, al-Qanawāt, al-ʿAqrabānī et ad-Dāʿīānī. Ces canaux alimentent dans la ville et dans les faubourgs de Damas des milliers de fontaines, soit publiques, soit privées; car chaque grand établissement et même la plupart des maisons particulières ont la leur propre. Ils se subdivisent  eux-mêmes en une foule de canaux secondaires et ensuite de ruisseaux et de rigoles qui serpentent et murmurent à travers toute la banlieue de Damas et permettent d'y faire croître dans ses admirables vergers ces beaux arbres à fruits et ces légumes succulents que tous les voyageurs ont vantés. En un mot, jamais rivière n'a été mieux utilisée que celle-ci, et cela, de tout temps, pour tirer de ses eaux le plus grand parti imaginable. Sans elle, l'existence de Damas et des nombreux villages qui l'environnent serait impossible; avec elle, au contraire, cette ville, depuis quatre mille ans, nonobstant toutes les calamités qui ont fondu sur elle et toutes les révolutions dont elle a été le théâtre, est toujours restée l'une des plus populeuses cités de l'Orient. Cette rivière est, comme je l'ai dit tout à l'heure, l'Abana des Livres saints, désignée pareillement sous le nom d'Amana dans quelques manuscrits.


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