De son lit principal on a, dès l'antiquité la plus reculée, dérivé, à divers niveaux, une multitude de canaux, parmi lesquels sept sont plus importants que les autres et portent les noms de Yazīd, Tōrā, al-Mazzāwī, ad-Dārānī, al-Qanawāt, al-ʿAqrabānī et ad-Dāʿīānī. Ces canaux alimentent dans la ville et dans les faubourgs de Damas des milliers de fontaines, soit publiques, soit privées; car chaque grand établissement et même la plupart des maisons particulières ont la leur propre. Ils se subdivisent eux-mêmes en une foule de canaux secondaires et ensuite de ruisseaux et de rigoles qui serpentent et murmurent à travers toute la banlieue de Damas et permettent d'y faire croître dans ses admirables vergers ces beaux arbres à fruits et ces légumes succulents que tous les voyageurs ont vantés. En un mot, jamais rivière n'a été mieux utilisée que celle-ci, et cela, de tout temps, pour tirer de ses eaux le plus grand parti imaginable. Sans elle, l'existence de Damas et des nombreux villages qui l'environnent serait impossible; avec elle, au contraire, cette ville, depuis quatre mille ans, nonobstant toutes les calamités qui ont fondu sur elle et toutes les révolutions dont elle a été le théâtre, est toujours restée l'une des plus populeuses cités de l'Orient. Cette rivière est, comme je l'ai dit tout à l'heure, l'Abana des Livres saints, désignée pareillement sous le nom d'Amana dans quelques manuscrits.
Victor Guérin. La Terre Sainte, première partie. Paris, E. Plon 1884.
Victor Guérin. La Terre Sainte, deuxième partie. Paris, E. Plon 1884.

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