Sunday, September 2, 2018

Cimetière al-Bāb aṣ-Ṣaġīr



Revenons maintenant à l'examen succinct de l'ancienne enceinte de Damas. Après avoir passé la porte dite Bāb Kīsān, nous distinguons les fondations d'un ancien mur extérieur qui était parallèle au mur intérieur, et dont Ibrāhīm Pāšā a ordonné la destruction. En continuant à nous avancer le long de la face méridionale de l'enceinte, nous entrons dans un immense faubourg qui s'étend au loin à l'ouest et au sud, et dont le principal quartier est nommé al-Mīdān (l'hippodrome, le champ de course pour les chevaux). A partir de ce point, l'ancienne muraille intérieure nous est le plus souvent masquée par des maisons qui ont été bâties au devant de ses courtines et de ses tours; mais, par intervalles, nous pouvons néanmoins l'entrevoir. Nous atteignons ainsi la porte dite al-Bāb aṣ-Ṣaġīr (la petite); les deux anciens murs sont ici encore debout et sont percés en cet endroit de deux portes qui ont été remaniées, il est vrai, par les Arabes, mais dont la fondation est bien antérieure à la conquête mahométane. A notre gauche s'étend un vaste cimetière musulman; une forêt de tombes y couvre un sol onduleux. Là, ainsi que dans les autres cimetières analogues qui environnent la ville, les femmes musulmanes, enveloppées dans leurs longs voiles comme de blancs fantômes, ont l'habitude de se réunir tous les vendredis, pour y prier, y pleurer et y converser entre elles. Chacune arrive avec une branche de myrte et un vase d'eau, sorte d'offrande funèbre qu'elle a soin de renouveler chaque semaine en l'honneur des défunts ou des défuntes dont elle déplore la perte.




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